La baisse du chômage sera-t-elle suffisante pour ranimer l’emploi et l’économie ?

Depuis le temps que le gouvernement l’annonçait, la baisse du chômage a enfin eu lieu en France ! Des chiffres certes revus à la baisse après une certaine cacophonie, mais l’inversion de la courbe du chômage s’est finalement concrétisée. Que doit-on espérer de cette actualité : simple effet de circonstances ou véritable nouvelle donne dans les mains du gouvernement ?

La courbe du chômage s’inverse : les chiffres ont parlé, avant de se rétracter…

L’annonce était trop belle pour être vraisemblable : les chiffres de l’emploi du mois d’août présentaient non plus une baisse inexorable comme c’était le cas depuis avril 2011, mais une hausse des plus (in)attendues par le ministre du Travail, Michel Sapin. Et quelle hausse ! Avec 50 000 chômeurs de catégorie A (sans activité) en moins !

Ce chiffre a d’ailleurs surpris plus d’un observateur : ces derniers ne tardant pas à pointer une hausse inexpliquée des « défauts d’actualisation ». Il est vrai que le mois d’août est synonyme de vacances, de jobs d’été, de retards, voire d’oublis involontaires : mais que le farniente estival touche simultanément 277 500 chômeurs, cela tenait quand même du mystère. Le mystère a finalement été levé par l’annonce quelques jours plus tard, de la survenue d’un bug chez SFR : des SMS de relance n’avaient pas été adressés à plusieurs demandeurs.

La diminution du chômage est donc revue à la baisse pour concerner 22 000 à 31 000 demandeurs en moins, mais elle est bien confirmée.

Le marché du travail se redresse-t-il réellement ?

Après le bug de l’Insee concernant le calcul du taux de chômage puis celui de SFR, on peut s’interroger sur la confiance à accorder aux chiffres annoncés… Alors quoi, le tableau économique resterait-il désespérément noir ou des lueurs commenceraient-elles à y prendre place ?

Le gouvernement voit dans cette inversion de tendance, les premiers effets des offres d’emplois aidés impulsés ces derniers mois : contrats d’avenir et contrats de génération commenceraient à faire leurs preuves. Le marché du travail a aussi pu être porté par les chiffres saisonniers du mois d’août, voire les entrées en formations annuelles.

L’enjeu est maintenant d’observer si la baisse se confirme : nul doute que les chiffres du mois de septembre seront scrutés à la loupe, bug ou pas.

Quels sont réels les leviers pour maintenir la reprise sur le marché du travail ?

Les économistes rappellent qu’il faut, en moyenne, un délai de trois trimestres entre la reprise économique et la création d’emploi. S’il s’agit d’une tendance profonde, la baisse actuelle du chômage aurait pris ses origines dès le début d’année : or, à cette époque, le chômage battait son record de 1997 et le matraquage fiscal n’engageait guère à développer sa petite entreprise.

Et pourtant, des indicateurs économiques passent timidement au vert un peu partout en Europe. La ruée vers l’or des grands comptes financiers s’est évaporée au printemps, avec la revente massive de titres d’or papier. Les investissements dans les actifs financiers séduisent de nouveau, sur les places boursières. L’Amérique claironne sa reprise économique pour encourager les entrepreneurs. En France aussi, le gouvernement s’attend à récolter les fruits du crédit d’impôt compétitivité avant de s’attaquer au réservoir des offres d’emplois non pourvues (estimées à 600 000 !) : pour cela, il projette une grande réforme de la formation professionnelle.

En cette rentrée, pourquoi ne pas se laisser séduire par ses indices prometteurs ? Si reprise du marché du travail il y a, les entreprises vont d’abord pouvoir absorber leur sureffectif actuel pour répondre au redémarrage de l’activité. Ensuite, peut-être, viendront-elles à embaucher. Les chiffres de septembre seront les révélateurs des prémices d’une sortie de crise. Ou pas.

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