Création d’entreprises en France : quels sont les vrais chiffres ?

Si l’on se fie aux seuls chiffres communiqués de façon un peu trop joyeuse par le gouvernement, la création d’entreprises se porte bien en France.
Mais si l’on pousse la curiosité un peu plus loin, la joie s’estompe au fur et à mesure des découvertes.

En effet, en 2010 il y a eu 622.000 nouvelles entreprises crées, toutes formes juridiques confondues, soit une hausse de 7,2% par rapport à 2009. La facilité de tout trouver sur Internet, que ce soit la création de l'entreprise en elle-même, ou l'accès à tous services comme achat du matériel informatique ou de fournitures de bureau, concourt à cette progression notable.
Cependant, 163.600 l’ont été sous forme de sociétés et 458 400 sous forme d’entreprises individuelles, dont 359 700 demandes de création sous le régime de l’auto-entrepreneur, en forte hausse (+ 12 % par rapport à 2009) tandis que le statut de l’Entreprise Individuelle (EI) est en forte baisse.
On estime par ailleurs que 50% environ des nouveaux auto-entrepreneurs ne réalisent pas de chiffre d’affaires l’année de la création. Donc autant dire que la création est essentiellement par les auto-entrepreneurs… dont la moitié ne génèrent pas de revenus la première année.

Ensuite on va se gargariser sur la baisse sensible du nombre de sociétés qui ont fait faillite, qui passe de 61.600 en 2009 à 58.600 en 2010.
Ca baisse un peu, c’est bien. Par contre ce qui est (beaucoup) moins bien, c’est que la France compte plus de 58.000 défaillances d’entreprises par an quand le total cumulé des 40 pays les plus industrialisés (en gros Europe + Etats-Unis + Canada, + Chine + pays d’Asie du Sud Est) est de moins de 350.000 par an. La France compte plus ou moins autant de défaillances que les Etats-Unis qui comptent pourtant dix fois plus d’entreprises que la France.

D’où la question : quel est l’intérêt de pousser les gens à créer une entreprise quand on sait que plus de la moitié (52%) des entreprises créées seront fermées en moins de 5 ans ?
Ne devrait-on pas prendre le problème à l’envers et étudier les causes de ce niveau d’échec impressionnant pour y remédier ?

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