Peugeot : quelles conséquences de l’arrivée des chinois ?

La société Peugeot, on le sait, est dans une passe difficile et a accepté l’arrivée dans son capital de l’Etat français et du constructeur automobile chinois Dongfeng. Quelles seront les conséquences pour la marque française ?

Dongfeng et l’Etat français prennent chacun 14% de Peugeot

La Famille Peugeot perd une bonne part de la marque puisqu’elle passe de 25 à 14% du capital tandis que l’Etat français et le constructeur chinois Dongfeng prennent chacun 14% en échange d’un investissement respectif de 800 millions au capital de la société.
Il en ressort donc un actionnariat partagé entre la famille Peugeot (14%), l’Etat français (14%), Dongfeng (14%) et 58% répartis entre investisseurs institutionnels principalement étrangers, l’auto-détention, les salariés et les actionnaires individuels.
On arrive donc à un capital bien plus explosé qu’auparavant où surtout aucun investisseur n’a de poids important et devra faire alliance avec au moins un autre investisseur s’il veut peser pour une quelconque mesure. Enfin et surtout ce sont les fonds d’investissement essentiellement étrangers qui détiendraient désormais ensemble la plus grosse part du capital de Peugeot (de 30 à 35%).

De plus, on va au risque de conflits au sein des associés, puisque d’un coté on à l’Etat français dont la priorité est la sauvegarde des emplois au sein de PSA, d’un autre coté on a la famille Peugeot qui veut sauvegarder sa société et ses revenus, et enfin on a Dongfeng dont on ne connait pas la raison précise de l’investissement mais il est fort probable que cette société automobile contrôlée par l’Etat chinois espère bien profiter de cet investissement pour pénétrer le marché européen et bénéficier d’une partie des technologies développées par Peugeot.

Pour la première fois depuis la création de la société il y a 200 ans, la famille Peugeot ne sera plus majoritaire, que ce soit en termes de capital ou de droits de vote.
Au-delà du fait que la famille Peugeot n’est plus majoritaire, on peut réellement se poser la question de l’avenir de Peugeot qui sera tiraillé entre une famille voulant faire avancer l’entreprise, des actionnaires privés voulant rentabiliser leur investissement, un associé chinois dont la stratégie reste encore floue et un Etat français dont la priorité sera la sauvegarde des emplois au risque de fragiliser un peu plus la santé financière du constructeur.
Car rappelons que la société PSA a accumulé des déficits importants en 2012 et 2013, de respectivement 5 et 2,3 milliards d’euros. Et à moins d’un redressement de la rentabilité très rapide, la société risque fort non seulement de ne plus se voir octroyer de prêts (ou à des taux faramineux) mais également de se retrouver dans une situation financière plus que délicate.

Poster un commentaire