Victoire d’Angela Merkel : quelles conséquences pour l’Europe ?

Le parti d’Angela Merkel, la CDU, a remporté ce 22 septembre 2013 les élections législatives allemandes, ouvrant ainsi la voie à un troisième mandat de quatre ans à l’actuelle chancelière dont on connait les positions sur le dossier de la crise en Europe.

Allemagne, Europe et crise

L’Allemagne prône la rigueur budgétaire en Europe et freine au maximum les mesures d’aide aux pays membres de l’Union Européenne qui en ont le plus besoin, à commencer par la Grèce. Hors il apparait clairement que la crise économique n’est pas résorbée que ce soit en Grèce, à Chypre, en Espagne, au Portugal ou encore en Italie, voire même en France où il semblerait bien qu’une peinture en trompe l’oeil est en place afin de masquer la réalité.
Au final, seule l’Allemagne s’en sort presque convenablement et ne souhaite pas financer à tour de bras les erreurs des autres états membres de l’UE sans contrepartie, ce que les électeurs allemands ont largement confirmé en votant massivement pour le parti d’Angela Merkel.

La France souhaite accroitre la coopération franco-germanique, car cela lui serait positif. Mais Angela Merkel l’a déjà prouvé à plusieurs reprises : elle n’entend pas aider tout autre pays gratuitement. La chancelière allemande veut des réformes au niveau européen et des engagements de la part de ses partenaires, faute de quoi l’Allemagne ne sera pas solidaire avec les autres états membres de l’UE.

Du coup, le sujet de la crise dans la zone euro pourrait bien revenir sur le devant de la scène après avoir été quelque peu camouflé ses derniers temps, que ce soit par Angela Merkel en vue des élections ou par François Hollande qui veut à tout prix faire croire que la croissance est de retour.

Histoire d’ajouter un peu d’huile sur le feu, signalons que la Banque nationale de Pologne vient de publier un rapport rédigé par deux économistes qualifiés, Stefan Kawalec,ex-vice-ministre des Finances, et Ernest Pytlarczyk, économiste en chef d’une filiale de la Commerzbank, dont le titre est particulièrement fort : « Le démantèlement contrôlé de la zone euro ».
Ce rapport préconise que l’euro ne soit maintenu que dans les pays en difficultés tandis que les pays en bonne santé abandonneraient la monnaie européenne pour revenir à leur propre monnaie nationale.
Ainsi, la recommandation des auteurs est que l’Allemagne et les quelques pays de la moitié nord de l’Europe ayant adopté l’euro et dont la santé économique est relativement bonne abandonnent l’euro, qui resterait la monnaie de pays tels que l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce et sans doute également la France.
Le rapport est disponible en ligne à l’adresse : http://www.nbp.pl/publikacje/materialy_i_studia/155_en.pdf (format PDF).

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